C

comme
Célibat

Pendant longtemps, le célibat est soit une vocation (coucou les nonnes) soit un phénomène de marge (coucou les putes) : parce que les filles sont élevées pour être mariées et devenir mères un jour, il n’est jamais anodin de finir «vieille fille». Le célibat choisi comme nous pouvons le vivre aujourd’hui, est le fruit des conquêtes sociales du XXème siècle : il donne la liberté aux individus de vivre leur vie librement, hors champ du mariage, de la famille, de l’hétéro-norme et de la course au bons partis. Ouf.

U

comme
UNION

Le mariage existe depuis bien longtemps: déjà chez les Romains et chez les Germains où il côtoyait aussi d’autres formes plus libres d’union comme le concubinage. La conception du mariage donnée par l’Église catholique tient en 3 points : la descendance (faut faire des gosses), la fidélité (accomplir son devoir conjugal auprès de son partenaire pour ne pas qu’il sombre dans la fornication), le sacrement (un mariage de deux êtres unis par cette cérémonie à l’ensemble de la communauté chrétienne). On comprend mieux… pas mal de choses, en fait.

A

comme
AMOUR CONJUGAL

Pendant bien longtemps, l’amour au sein du mariage est une denrée rare (coucou les mariages arrangés). En fait, jusqu’au XVIIIème siècle, on considère même que l’amour de deux jeunes mariés est une chose particulièrement indécente. De toute façon, la plupart du temps, ce sont les pères qui décident pour leurs filles qui sera leur mari et l’enjeu est souvent de protéger le patrimoine familial et ses richesses. Du Moyen-âge au XVIIème, on considère que l’amour doit naître au terme du mariage, qu’il sera le fruit de longues années passées ensemble. On lui préfère de loin l’amitié.

A

comme
ADULTÈRE

Jusqu’au XIXème siècle, très peu de sociétés criminalisaient l’adultère masculin : pour les femmes c’était une autre histoire (évidemment). Par exemple, au Moyen-âge, c’est deux poids, deux mesures : les hommes peuvent s’envoyer en l’air OKLM, et leurs femmes se devaient d’élever les enfants nés de leurs aventures (mais lol). Par la suite, on trouve tout un tas de lois donnant au mari le droit de tuer sa femme adultère pour le simple coût d’une amende. Cette bonne tradition perdurera encore et encore (d’ailleurs l’adultère masculin n’est-il pas encore aujourd’hui socialement plus acceptable ?)

D

comme
Divorce

Dans l’Antiquité, le divorce est déjà sur la table. Il se fait grosso modo au bénéfice du mari qui peut renvoyer sa femme du domicile familial sans plus de justification : on appelle ça la répudiation (sympa). Au Moyen-âge en France, le mariage devient un saint sacrement de l’Église : il est donc indissoluble jusqu’à la mort de l’un des deux époux. La France légalise le divorce sous l’Ancien Régime en 1792: après quelques retours en arrière sous la Restauration, il est finalement rétabli en 1884. En 2013, le taux de divorce en France atteint les 56%. L’amour est mort ? Mais non.

R

comme
ROMANTISME

Le romantisme est l’apanage du XIXème siècle : il a sa littérature, sa musique, sa peinture, et ses codes bien définis. Il se construit dans l’idée que l’amour est souverain, sensible, torturé ... et surtout (grande nouvelle) qu’il a sa place dans le cadre du mariage. En fait, le romantisme naît en réponse à la grande débauche du XVIIIème siècle : le libertinage a mis les valeurs amoureuses à sac et tout l’enjeu du XIXème sera de rebâtir un imaginaire compatible avec le mariage, la famille et les traditions bourgeoises. Aujourd’hui, l’amour romantique hante toujours les rapports amoureux : champagne, dîner aux chandelles et Saint-Valentin s’en font les représentations les plus évidentes.

L

comme
LESBOS

L’île grecque de Lesbos est la patrie de la poétesse Sapphô: la première femme ouvertement homosexuelle de l’histoire (- 600 avant JC) dont la majeure partie des poèmes furent brûlés au Moyen-âge par les autorités ecclésiastiques. Jusqu’au XIXème siècle, il n’existe pas de mot pour désigner une femme qui aime les femmes et le terme lesbienne désigne encore les habitantes de cette île grecque… jusqu’à ce qu’on se rappelle de Sapphô et qu’on décide d’appeler ainsi les femmes homosexuelles. La légende veut que Sapphô ait vécu au sein d’une communauté exclusivement féminine et lesbienne nommée Thiasos. Mais l’histoire, qui tente d’invisibiliser ces amours considérés comme contre-nature, s’emparera de la figure de la poétesse pour en faire une hétéro en bonne et due forme.

G

comme
GAY

À l’origine, une gay life (vie gaie) s’oppose à une straight life (vie droite) : la straight life correspondant à une vie «tracée» ou s’exercent les pressions de la norme, des valeurs traditionnelles de la famille et du mariage, quand la gay life, elle, est dissolue, marginale. À l’origine, la gay attitude désignait le comportement de celleux qui avaient une vie extra-conjugale, et ce, quelque soit leur orientation sexuelle. Le terme, péjoratif, fut finalement récupéré par les communautés LGBTQI+, qui revendiquaient à travers son usage, une fierté de vivre différemment, en dehors de l’hétéro-norme et des normes sociales.

P

comme
POLYAMOUR

Le «polyamour» naît dans les années 1920 sous la plume d’Alexandra Kollontaï, une militante féministe soviétique : à l’époque, elle le nomme «l’amour-camaraderie» (joli, hein ?) et y voit la possibilité d’y prôner de nouvelles valeurs d’égalité et de liberté dans le cadre du couple. Sartre et Beauvoir sont parmi les premiers à le revendiquer dans le cadre de leur relation qu’ils appellent «pacte de poly-fidélité». Le terme polyamour en lui-même, lui, naît véritablement dans les années 60, et est inventé par un auteur de science fiction. À mi-chemin entre le fictionnel et le politique, c’est une nouvelle ère amoureuse qui démarre au beau milieu des conquêtes sociales du 20ème siècle.

P

comme
PORNO

Avant le tout premier film à caractère pornographique… est sorti un livre porno. En 1655 (bah ouais), L’école des Filles fait un bon gros scandale. Ça parle de cul sans problème et bien évidemment la censure s’abat sur l’oeuvre. Le premier film, lui, a une date un peu plus floue: prétendument réalisé en Argentine en 1908, il s’appelle El Sartorio et met en scène des femmes et Le Diable (en personne), cornes sur la tête, et pénis en folie. En France, à la même époque sort À l’Écu d’or ou la bonne auberge, qui semble être le premier porno français. Mais l’âge d’or de la pornographie est vraiment (vraiment) les années 80 (et merci Canal +).

A

comme
ALGORITHME

Happn, Tinder, et autres réjouissances: des applis qui débarquent sur le marché en réponse à l’émergence des nouvelles technologies, et de la libération sexuelle des années 70 dont on explore toujours en 2019 les nouvelles possibilités et ressorts. Mariage arrangé par algorithme ? Hasard justifié au gré du swipe ? L’amour peut bien durer un soir, une semaine, ou ne jamais voir le jour: le célibat n’étant plus une tare, on n’en a plus rien à foutre. Tant mieux. En attendant, on en reparle dans 100 ans.

P

comme
PACS

En 1999, après quasi 10 ans de lutte, le PACS voit le jour. Il s’adresse à tous-tes: sa grande nouveauté est de proposer une sorte de contrat de partenariat civil, bien plus souple que l’institution du mariage. Évidemment il rencontre masse de détracteurs: la droite conservatrice notamment y voit la chute des valeurs cruciales de la famille et se refuse à prendre en compte la réalité des couples homosexuels. Mais le bien est fait. Le PACS aujourd’hui représente presque 200 000 unions civiles en France.